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Guide pratique · ventes sur les plateformes

DAC7 : 30 ventes ou 2 000 € obligent-ils à tenir un livre de police ?

Un relevé DAC7 ne vous transforme pas automatiquement en professionnel et ne déclenche pas, à lui seul, l’obligation de tenir un livre de police. Il renseigne sur une transmission d’informations par une plateforme. Pour comprendre vos obligations, il faut examiner séparément les seuils de transmission, la nature des ventes et l’activité réellement exercée.

Mis à jour le 20/09/2026 Lecture : 5 min
Illustration : un registre ouvert dont les lignes sont cochées

Qui transmet quoi dans le cadre de DAC7 ?

DAC7 organise la communication d’informations fiscales par les opérateurs de plateformes. L’opérateur est l’entreprise ou l’organisme qui exploite la plateforme. Pour les vendeurs à déclarer, il transmet notamment leur identité, les montants et le nombre d’opérations. L’article 1649 ter A du Code général des impôts prévoit une déclaration annuelle, avec des données réparties par trimestre, au plus tard le 31 janvier suivant l’année des opérations.

Les repères ci-dessous concernent les ventes de biens matériels par un vendeur résidant en France, avec un opérateur relevant du dispositif. La déclaration de cet opérateur et votre propre déclaration fiscale sont deux démarches distinctes.

L’exclusion exige deux conditions à la fois

Pour les ventes de biens, l’article 1649 ter C prévoit une exclusion fondée sur deux conditions cumulatives. Elles s’apprécient sur l’année civile, pour les opérations facilitées par l’opérateur concerné :

  • Moins de 30 opérations de vente de biens ;
  • ET une contrepartie totale inférieure ou égale à 2 000 €.

La contrepartie est le montant versé ou crédité au vendeur, connu ou raisonnablement connaissable par l’opérateur. La définition européenne l’entend hors frais, commissions ou taxes retenus ou prélevés par cet opérateur. Ce montant ne représente pas un bénéfice : on ne le calcule pas en retirant le prix d’achat initial des objets.

Trois situations pour lire correctement les limites

Ces exemples chiffrés sont entièrement fictifs. Chacun porte sur les ventes facilitées par un opérateur pendant une année civile, dans le champ applicable. Le tableau examine uniquement l’exclusion liée au nombre de ventes et au montant de la contrepartie.

Nombre de ventesContrepartie totaleCette exclusion s’applique-t-elle ?
292 000 €Oui : le nombre est inférieur à 30 et le montant ne dépasse pas 2 000 €.
30900 €Non : à 30 ventes exactement, la condition sur le nombre n’est plus remplie.
122 001 €Non : le montant dépasse 2 000 €, même avec moins de 30 ventes.

L’égalité est donc admise pour 2 000 €, mais pas pour 30 ventes. Sortir de cette exclusion correspond à au moins 30 ventes OU plus de 2 000 €. Ce constat ne décide ni de l’impôt, ni du statut professionnel, ni du registre à tenir.

Pour l’impôt, regardez la nature des ventes

La DGFiP précise que les ventes de biens personnels utilisés puis devenus inutiles ne sont, en général, pas imposables. Cette réserve compte : des règles particulières concernent notamment les bijoux, les objets d’art ou de collection et certaines cessions selon leur valeur. Le seul fait qu’un objet vous appartienne ne suffit donc pas à conclure à une exonération.

Acheter ou fabriquer des biens dans le but de les revendre relève d’une autre analyse : la DGFiP indique que les revenus correspondants doivent être déclarés. Le seuil DAC7 n’est pas un seuil d’imposition. Une somme transmise par la plateforme, un bénéfice imposable et l’impôt finalement dû ne se confondent pas.

L’activité commerciale et le registre ont leurs propres critères

Le Code de commerce distingue deux éléments : l’article L.110-1 qualifie d’acte de commerce l’achat d’un bien meuble pour le revendre ; l’article L.121-1 rattache la qualité de commerçant à l’exercice d’actes de commerce comme profession habituelle. Il faut donc examiner l’intention lors de l’achat et l’activité exercée, sans remplacer cette analyse par un compteur de plateforme.

  • Pour le livre de police, l’article 321-7 du Code pénal vise une activité professionnelle comportant la vente d’objets mobiliers usagés ou acquis auprès de personnes autres que leurs fabricants ou commerçants.
  • Le registre décrit notamment les objets, leur provenance et les personnes qui les ont vendus ou apportés. Le récapitulatif fiscal de la plateforme répond à une autre obligation.

Le rapprochement de ces textes avec ceux de DAC7 conduit à deux conclusions : une transmission ne prouve pas, à elle seule, que le registre est obligatoire ; une exclusion de transmission n’en dispense pas lorsque l’activité entre dans le champ de l’article 321-7.

Comment examiner votre situation concrète

Commencez par identifier la question à résoudre : comprendre le relevé de la plateforme, déterminer le traitement fiscal de vos ventes ou vérifier les obligations de votre activité. Les mêmes chiffres ne répondent pas à ces trois questions.

  1. Relire le récapitulatif

    Repérez l’année, l’opérateur, les opérations et le montant retenu. Demandez une explication à la plateforme si une donnée paraît incohérente.

  2. Retrouver l’origine des objets

    Rapprochez les ventes de vos justificatifs : biens utilisés personnellement, achats effectués pour revendre, activité habituelle. Ce sont des éléments à examiner, pas une qualification automatique.

  3. Faire préciser le point incertain

    Pour la fiscalité personnelle, interrogez votre service des impôts. Pour la qualification de l’activité et le registre, faites examiner les faits par un conseil compétent.

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FAQ

Questions fréquentes

La plateforme a transmis mes ventes : dois-je forcément payer un impôt ?

Non. La transmission DAC7 ne rend pas automatiquement les ventes imposables. Leur traitement dépend notamment de leur nature et des règles applicables aux biens concernés. Vérifiez votre situation même si des montants apparaissent dans les informations de votre déclaration de revenus.

Bénéficier de l’exclusion DAC7 dispense-t-il d’un livre de police ?

Non, ces seuils concernent une exclusion de transmission par l’opérateur. Si votre activité professionnelle entre dans le champ de l’article 321-7, cette exclusion ne supprime pas l’obligation de registre. L’absence de transmission n’établit pas un statut de particulier.

Sources vérifiées le 20 septembre 2026

Les exemples sont fictifs et vérifient seulement un critère de transmission DAC7. Ce guide distingue les obligations ; il ne calcule ni votre impôt ni votre statut à partir d’un nombre de ventes.

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