L'IMEI : quinze chiffres qui font toute la différence
Sans identifiant, « smartphone Samsung noir, bon état » désigne aussi bien l'appareil racheté hier que celui volé la semaine dernière dans la même rue. L'article R.321-3 du code pénal exige une description comprenant les caractéristiques de l'objet et ses identifiants particuliers — le texte cite expressément les chiffres et les numéros de série. Pour un téléphone, c'est l'IMEI : quinze chiffres, affichés en composant *#06#, gravés sur le tiroir SIM des modèles récents ou imprimés sur l'étiquette de la boîte. Le relever prend dix secondes, appareil en main, jamais de mémoire ni d'après la boîte seule. Deux vérifications de terrain complètent le geste : un double SIM porte deux IMEI — relever les deux — et l'IMEI de la boîte doit correspondre à celui de l'appareil ; un écart signale un reconditionnement ou une boîte rapportée, et cela se vérifie avant d'acheter, pas après.
- Faible : « iPhone d'occasion, bon état — 150 € »
- Utile : « iPhone 13 128 Go bleu, IMEI 353870xxxxxxxxx, santé batterie 86 %, micro-rayures d'écran, sans boîte ni chargeur, compte iCloud retiré en boutique — 150 € »
- *#06# affiche l'IMEI ; un appareil double SIM en porte deux, les relever tous les deux
- Pas de réseau cellulaire (tablette Wi-Fi, console, ordinateur portable) : c'est le numéro de série qui identifie l'appareil
- L'état se décrit aussi : santé de la batterie, rayures, oxydation, accessoires présents ou absents
Dix reprises le samedi : la ligne se fait le jour même, appareil par appareil
C'est le métier de l'occasion où les entrées s'enchaînent le plus vite : cinq reprises dans l'après-midi, une flotte d'entreprise le lendemain. La tentation est de tout saisir « en fin de semaine ». L'article 321-7 du code pénal l'exclut : le registre se tient jour par jour, et l'omission est punissable y compris par simple négligence — six mois d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. L'organisation qui tient la cadence est simple : chaque appareil reçoit sa ligne au moment du rachat, parce que chaque appareil porte son propre IMEI — noyer des téléphones dans un « lot » revient à effacer ce qui les identifie, alors qu'ils sont individuellement identifiables. Le numéro d'ordre attribué (art. R.321-4) se porte de manière apparente sur l'appareil, une étiquette sur le film de protection suffit : c'est lui qui relie physiquement le stock au registre le jour du contrôle.
- Un appareil = une ligne : l'IMEI rend chaque téléphone unique, le regroupement lui fait perdre son identité
- Saisie le jour même du rachat — « jour par jour » (art. 321-7 du code pénal)
- Numéro d'ordre porté au registre ET de manière apparente sur l'appareil (art. R.321-4)
- Flotte rachetée à une société : dénomination, siège, et identité complète du représentant avec les références de sa pièce (art. R.321-3)
- Prix d'achat et mode de règlement inscrits pour chaque appareil (art. R.321-5)
Le recel se joue sur ce comptoir : ce que la ligne doit prouver
Un téléphone volé cherche un acheteur dans les heures qui suivent le vol, et c'est votre comptoir qu'il visera. Trois gestes filtrent l'essentiel : faire retirer devant soi le verrouillage de compte (iCloud ou compte Google) — un appareil encore rattaché au compte d'un tiers ne s'achète pas, et « je le retirerai ce soir » n'est pas une réponse ; observer la cohérence entre le vendeur et l'objet — un téléphone « reçu en cadeau » dont le vendeur ignore le code de déverrouillage reste sur le comptoir ; relever l'identité sur un document officiel, jamais sur déclaration : nom, prénoms, qualité, domicile, et la nature, le numéro, la date de délivrance et l'autorité de la pièce (art. R.321-3). Si l'appareil s'avère volé, c'est cette ligne — IMEI, identité, date, prix — qui montre que vous n'avez rien dissimulé. Écrire une mention inexacte ou refuser de présenter le registre expose aux mêmes peines que son absence : six mois et 30 000 € (art. 321-8).
- Verrouillage d'activation retiré devant vous, appareil redémarré pour le vérifier
- Vendeur incapable de déverrouiller l'appareil ou d'en retirer le compte : ne pas acheter
- Identité relevée sur la pièce elle-même : nature, numéro, date de délivrance, autorité (art. R.321-3)
- Refus de présenter une pièce d'identité : pas d'achat, quel que soit le prix proposé
- Mentions inexactes ou refus de présenter le registre : 6 mois et 30 000 € (art. 321-8)
Pourquoi le registre doit être adapté à ce métier
Un livre de police n’est pas une simple liste d’achats. Il doit permettre de comprendre rapidement d’où vient un objet, qui l’a cédé, à quelle date, pour quel prix, et dans quelles conditions il a ensuite été vendu, restitué ou conservé. Pour téléphonie / high-tech, les mots utilisés, les justificatifs attendus et les détails utiles diffèrent d’un registre générique. Un champ trop vague pousse à écrire des notes imprécises ; un champ métier aide au contraire à produire une écriture exploitable plusieurs mois ou années plus tard.
- Vocabulaire métier : smartphones, IMEI, consoles, ordinateurs
- Champs guidés pour limiter les oublis
- Écritures validées, numérotées et chaînées
Champs importants à saisir
La qualité d’un registre se joue souvent au moment de la saisie. Un contrôle peut porter sur un objet précis, une période, un fournisseur ou une série d’opérations. Il faut donc capter les informations avant qu’elles ne disparaissent : identité du vendeur ou déposant, pièce présentée, description de l’objet, prix, mode de règlement, date d’entrée, destination et éventuelles pièces complémentaires. Livre de Police guide cette saisie pour éviter les lignes trop courtes, les libellés ambigus ou les informations dispersées dans des notes privées.
- marque
- modèle
- IMEI ou numéro de série
- état batterie
- accessoires
Erreurs fréquentes à éviter
Les erreurs les plus fréquentes sont les descriptions trop vagues, les identités de vendeurs incomplètes, les corrections non tracées, les fichiers modifiables sans historique fiable et les saisies reportées trop longtemps. Les repérer à l’avance permet de tenir un registre plus lisible et de retrouver plus vite les justificatifs utiles.
- Ne pas utiliser un tableur comme registre principal sans preuve d’intégrité
- Ne pas effacer une ligne validée pour masquer une erreur
- Ne pas mélanger stock commercial et registre légal
- Ne pas reporter la saisie au point de perdre les justificatifs
Ce que Livre de Police apporte
Le service centralise la saisie, la recherche, les corrections tracées, l’export et le mode contrôle. Il est édité par ENYWERE SAS et développé par Untelcom, avec une approche volontairement sobre : peu de friction, des champs compréhensibles, des exports lisibles et une structure pensée pour les professionnels qui travaillent seuls ou en petite équipe. Chaque écriture y est numérotée sans trou, chaînée à la précédente, et le registre entier est scellé chaque nuit puis horodaté par trois autorités indépendantes.
- 250 objets offerts pour démarrer
- 8,50 € HT/mois ensuite, sans engagement
- Documents privés servis après contrôle d’accès
Préparer un contrôle
Lorsqu’une autorité demande à consulter le registre, l’enjeu est de répondre vite et proprement. Une page de contrôle doit éviter d’exposer l’espace de gestion complet, afficher les écritures utiles, faciliter la recherche et permettre un export PDF clair. Pour téléphonie / high-tech, cela signifie retrouver un objet ou un vendeur sans feuilleter un cahier entier et sans produire un fichier confus. C’est l’un des avantages pratiques du numérique quand il est conçu pour le contrôle et pas seulement pour la saisie.
- Recherche par date, vendeur ou objet
- Vue lisible et limitée aux données utiles
- Export PDF daté
- Historique des corrections conservé
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Questions fréquentes
Je rachète une flotte de 30 téléphones à une entreprise. Une ligne ou trente ?
Trente. Chaque appareil porte son propre IMEI, et l'article R.321-3 du code pénal range précisément les chiffres et numéros de série dans la description attendue : les regrouper ferait perdre au registre ce qui les identifie. Chaque ligne reçoit son numéro d'ordre, porté de manière apparente sur l'appareil (art. R.321-4), avec le prix d'achat et le mode de règlement (art. R.321-5). Le vendeur étant une société, relevez sa dénomination, son siège, et l'identité complète du représentant qui vous livre les appareils, avec les références de sa pièce d'identité (art. R.321-3). Et la saisie se fait le jour de l'opération, pas au prochain creux d'activité (art. 321-7).
Le téléphone ne s'allume plus. Où trouver l'IMEI ?
Un appareil hors service reste identifiable : l'IMEI est gravé sur le tiroir SIM de la plupart des smartphones récents, imprimé sous la batterie des anciens modèles, et figure sur l'étiquette de la boîte d'origine quand elle accompagne l'appareil — en vérifiant que boîte et téléphone correspondent. Si aucune de ces sources n'est disponible, décrivez ce que vous voyez (marque, modèle, capacité, couleur, défauts) et signalez expressément que l'IMEI n'a pas pu être relevé. Une information manquante et signalée vaut toujours mieux qu'un numéro reconstitué : porter une mention inexacte au registre est puni de six mois d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (art. 321-8 du code pénal).
Puis-je payer en espèces le particulier qui me vend son téléphone ?
Oui, dans la limite du plafond général : l'article D.112-3 du code monétaire et financier fixe à 1 000 € le plafond de paiement en espèces lorsque le débiteur a son domicile fiscal en France ou agit pour les besoins d'une activité professionnelle — ce qui est votre cas en tant qu'acheteur professionnel. Au-delà, il faut un moyen de paiement traçable. Dans tous les cas, le mode de règlement s'inscrit au registre avec le prix d'achat, ligne par ligne (art. R.321-5 du code pénal). Un règlement traçable a d'ailleurs une vertu de terrain : il ajoute une preuve supplémentaire à la provenance de l'appareil, sur le segment où l'on en a le plus besoin.
Un revendeur de téléphonie ou de high-tech peut-il utiliser un livre de police numérique ?
Oui. L’article R.321-6-1 du code pénal autorise le registre informatisé dès lors qu’il garantit « l’intégrité, l’intangibilité et la sécurité des données ». Ici, chaque écriture est chaînée en SHA-256 à la précédente, la base de données rejette elle-même toute modification et toute suppression, le registre est scellé chaque nuit et horodaté par trois autorités indépendantes.
Puis-je gérer plusieurs types d'objets dans le même registre ?
Oui : un seul registre par établissement, et la saisie s’adapte à l’objet. Le n° IMEI est demandé pour un téléphone, avec un contrôle de cohérence à la saisie ; métal, titre et poids sont demandés pour un bijou ou un rachat d’or, et chacun a sa propre colonne — le poids au millième de gramme. Vous choisissez la nature de chaque objet : un antiquaire qui achète un bijou obtient les champs du bijou.
Pourquoi ne pas garder un simple fichier Excel ?
Un tableur se réécrit sans laisser de trace : rien n’y prouve qu’une ligne existait hier. Ici, chaque écriture porte l’empreinte de la précédente, la base rejette toute suppression, et le sceau du jour est inscrit dans un bloc Bitcoin. Un fichier Excel ne peut pas produire cette preuve.
Confiance et sources
LivreDePolice.com est édité par ENYWERE SAS et développé par Untelcom. Page mise à jour le 17/08/2026. Chaque règle citée ici renvoie à son texte officiel — article du code pénal, arrêté, code monétaire et financier — et la page Sources officielles pointe directement vers Légifrance.