Vingt-cinq kilos de fripe, une seule ligne : ce que la ligne doit dire
Le registre n'exige pas quatre-vingts lignes pour une balle de vingt-cinq kilos : l'article R.321-4 du code pénal prévoit un numéro d'ordre porté sur le registre et figurant de manière apparente sur chaque objet ou lot, et la description exigée par l'article R.321-3 doit permettre d'identifier ce qui est entré. La ligne unique se mérite donc par sa description : le poids, le nombre de pièces constaté à l'ouverture, la nature dominante — « balle de vêtements » tout court s'expose au reproche de mention inexacte (art. 321-8). La ligne porte aussi le prix global et le mode de règlement (art. R.321-5), et le numéro d'ordre commun figure de manière apparente sur le lot (art. R.321-4) : une étiquette agrafée sur la balle avant ouverture, reportée sur le bac de tri ensuite.
- Faible : « Balle de vêtements — 45 € »
- Utile : « Balle compressée de 25 kg achetée au poids, ouverte le jour même : 82 pièces (jeans, pulls, chemises mêlés, adulte), aucune pièce griffée ni vintage de valeur — 45 € le lot, virement »
- Le lot est prévu par les textes : numéro d'ordre commun au registre ET apparent sur le lot (art. R.321-4) — étiquette sur la balle, puis sur le bac de tri
- Poids, nombre de pièces et nature dominante : la quantité fait partie de la description honnête (art. R.321-3)
- Prix global du lot et mode de règlement sur la même ligne (art. R.321-5)
La pièce vintage sort de la balle — et prend sa propre ligne
Tout fripier connaît ce moment du tri : sous trois pulls sans intérêt, un perfecto des années 1980 ou un jean brut d'époque. Cette pièce n'a plus sa place dans une ligne globale — elle se revendra seule, sera recherchée seule, devra se justifier seule. Elle sort donc du lot et reçoit sa propre écriture, qui mentionne le lot d'origine ; l'entrée initiale de la balle, elle, reste intacte : on ajoute, on n'efface pas. Décrire un vêtement, c'est lire ses étiquettes avant de le mettre sur cintre : marque et taille sur l'étiquette tissée, composition sur l'étiquette d'entretien, et tout ce qui date la pièce — fermeture à glissière de marque, mention d'origine, façon des coutures. Les défauts identifient autant que le reste : auréole, accroc, bouloches, ourlet repris.
- Faible : « Blouson cuir vintage — pièce de la balle n° 214 »
- Utile : « Perfecto en cuir noir, années 1980, étiquette tissée lisible, taille 50, doublure matelassée rouge, zips laiton d'origine, accroc de 2 cm à la manche gauche — sorti du lot n° 214 »
- La nouvelle ligne cite le numéro du lot d'origine ; l'écriture de la balle ne se modifie pas
- Étiquettes tissée et d'entretien, taille, composition, époque estimée, défauts : relevés avant mise sur cintre
- Se revend seul, se recherche seul : donc s'inscrit seul
La balle vient d'une société, le sac d'un particulier : deux identités à relever
Une friperie a deux fournisseurs qui ne se ressemblent pas. Le collecteur ou le grossiste en balles est une personne morale : le registre porte sa dénomination, son siège, et l'identité complète de la personne qui vend ou livre pour elle, avec les références de sa pièce d'identité (art. R.321-3 du code pénal). Le particulier du rachat au comptoir ou du vide-dressing, lui, se relève sur un document officiel : nom, prénoms, qualité, domicile, plus la nature, le numéro, la date de délivrance et l'autorité de la pièce présentée. Le déballage ne change rien à la règle : un stand n'est pas une zone franche, et « une dame très gentille, des sacs de pulls » n'est pas une identité. Le tri peut attendre le soir, pas l'identité : elle se relève au moment de l'achat, et l'écriture se passe le jour même — l'article 321-7 du code pénal impose le jour par jour.
- Grossiste ou collecteur : dénomination, siège, et identité de la personne agissant pour lui, avec sa pièce
- Particulier : nom, prénoms, qualité, domicile + nature, numéro, date de délivrance et autorité de la pièce
- Refus de présenter une pièce d'identité : on n'achète pas
- Saisie le soir après le tri : possible, tant qu'on reste dans la journée (art. 321-7, « jour par jour »)
- Jamais « habituée du dimanche » ou « le fournisseur en gros » à la place d'une identité
Pourquoi le registre doit être adapté à ce métier
Un livre de police n’est pas une simple liste d’achats. Il doit permettre de comprendre rapidement d’où vient un objet, qui l’a cédé, à quelle date, pour quel prix, et dans quelles conditions il a ensuite été vendu, restitué ou conservé. Pour friperie, les mots utilisés, les justificatifs attendus et les détails utiles diffèrent d’un registre générique. Un champ trop vague pousse à écrire des notes imprécises ; un champ métier aide au contraire à produire une écriture exploitable plusieurs mois ou années plus tard.
- Vocabulaire métier : mode occasion, lots textiles, vêtements
- Champs guidés pour limiter les oublis
- Écritures validées, numérotées et chaînées
Champs importants à saisir
La qualité d’un registre se joue souvent au moment de la saisie. Un contrôle peut porter sur un objet précis, une période, un fournisseur ou une série d’opérations. Il faut donc capter les informations avant qu’elles ne disparaissent : identité du vendeur ou déposant, pièce présentée, description de l’objet, prix, mode de règlement, date d’entrée, destination et éventuelles pièces complémentaires. Livre de Police guide cette saisie pour éviter les lignes trop courtes, les libellés ambigus ou les informations dispersées dans des notes privées.
- désignation par lot
- marque si connue
- quantité
- provenance
- prix
Erreurs fréquentes à éviter
Les erreurs les plus fréquentes sont les descriptions trop vagues, les identités de vendeurs incomplètes, les corrections non tracées, les fichiers modifiables sans historique fiable et les saisies reportées trop longtemps. Les repérer à l’avance permet de tenir un registre plus lisible et de retrouver plus vite les justificatifs utiles.
- Ne pas utiliser un tableur comme registre principal sans preuve d’intégrité
- Ne pas effacer une ligne validée pour masquer une erreur
- Ne pas mélanger stock commercial et registre légal
- Ne pas reporter la saisie au point de perdre les justificatifs
Ce que Livre de Police apporte
Le service centralise la saisie, la recherche, les corrections tracées, l’export et le mode contrôle. Il est édité par ENYWERE SAS et développé par Untelcom, avec une approche volontairement sobre : peu de friction, des champs compréhensibles, des exports lisibles et une structure pensée pour les professionnels qui travaillent seuls ou en petite équipe. Chaque écriture y est numérotée sans trou, chaînée à la précédente, et le registre entier est scellé chaque nuit puis horodaté par trois autorités indépendantes.
- 250 objets offerts pour démarrer
- 8,50 € HT/mois ensuite, sans engagement
- Documents privés servis après contrôle d’accès
Préparer un contrôle
Lorsqu’une autorité demande à consulter le registre, l’enjeu est de répondre vite et proprement. Une page de contrôle doit éviter d’exposer l’espace de gestion complet, afficher les écritures utiles, faciliter la recherche et permettre un export PDF clair. Pour friperie, cela signifie retrouver un objet ou un vendeur sans feuilleter un cahier entier et sans produire un fichier confus. C’est l’un des avantages pratiques du numérique quand il est conçu pour le contrôle et pas seulement pour la saisie.
- Recherche par date, vendeur ou objet
- Vue lisible et limitée aux données utiles
- Export PDF daté
- Historique des corrections conservé
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Questions fréquentes
J'achète mes balles au kilo sans compter les pièces : que dois-je écrire ?
Une seule ligne peut suffire : le registre raisonne en objets ou en lots, et le numéro d'ordre attribué est porté sur le registre et doit figurer de manière apparente sur l'objet ou le lot (art. R.321-4 du code pénal). Mais la ligne doit décrire honnêtement le contenu — poids, nombre de pièces constaté à l'ouverture, nature dominante —, la description devant permettre d'identifier ce qui est entré (art. R.321-3), et porter le prix global et le mode de règlement (art. R.321-5). Le tri fait le reste : toute pièce de valeur découverte dans la balle sort du lot et reçoit sa propre écriture — une ligne globale qui la tairait s'exposerait au reproche de mention inexacte (art. 321-8).
Je découvre au tri un jean de collection dans une balle déjà inscrite : je corrige la ligne ?
Non : on n'y touche pas, on ajoute. La pièce de valeur reçoit sa propre écriture, avec sa description complète et la mention du lot d'origine ; l'entrée de la balle reste telle qu'elle a été passée. C'est la logique du registre : sur support informatisé, les données enregistrées doivent rester intègres et intangibles (art. R.321-6-1 du code pénal) — une rectification se trace, elle n'écrase rien. C'est aussi votre intérêt : le jour où ce jean se vend 180 €, c'est sa ligne à lui, et non une balle anonyme, qui montre d'où il vient.
En vide-dressing, je remplis un sac pour 15 € : l'identité de la vendeuse est-elle vraiment nécessaire ?
Oui. L'article R.321-3 du code pénal ne conditionne pas le relevé d'identité au montant de l'achat : pour une personne physique, il faut ses nom, prénoms, qualité et domicile, ainsi que la nature, le numéro, la date de délivrance et l'autorité de la pièce présentée. Si elle refuse, on n'achète pas. L'enjeu n'est pas théorique : omettre de tenir le registre jour par jour, même par négligence, est puni de 6 mois d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (art. 321-7 du code pénal), et porter des mentions inexactes est puni des mêmes peines (art. 321-8).
Une friperie peut-elle utiliser un livre de police numérique ?
Oui. L’article R.321-6-1 du code pénal autorise le registre informatisé dès lors qu’il garantit « l’intégrité, l’intangibilité et la sécurité des données ». Ici, chaque écriture est chaînée en SHA-256 à la précédente, la base de données rejette elle-même toute modification et toute suppression, le registre est scellé chaque nuit et horodaté par trois autorités indépendantes.
Puis-je gérer plusieurs types d'objets dans le même registre ?
Oui : un seul registre par établissement, et la saisie s’adapte à l’objet. Le n° IMEI est demandé pour un téléphone, avec un contrôle de cohérence à la saisie ; métal, titre et poids sont demandés pour un bijou ou un rachat d’or, et chacun a sa propre colonne — le poids au millième de gramme. Vous choisissez la nature de chaque objet : un antiquaire qui achète un bijou obtient les champs du bijou.
Pourquoi ne pas garder un simple fichier Excel ?
Un tableur se réécrit sans laisser de trace : rien n’y prouve qu’une ligne existait hier. Ici, chaque écriture porte l’empreinte de la précédente, la base rejette toute suppression, et le sceau du jour est inscrit dans un bloc Bitcoin. Un fichier Excel ne peut pas produire cette preuve.
Confiance et sources
LivreDePolice.com est édité par ENYWERE SAS et développé par Untelcom. Page mise à jour le 17/08/2026. Chaque règle citée ici renvoie à son texte officiel — article du code pénal, arrêté, code monétaire et financier — et la page Sources officielles pointe directement vers Légifrance.