Partir de votre vente, avant de regarder le virement
Ce guide concerne un professionnel qui achète un bien d’occasion puis le revend pour son propre compte. Il suppose qu’il relève du micro-BIC, régime d’imposition des bénéfices industriels et commerciaux, et du micro-social pour ses cotisations. Le dépôt-vente, la vente pour autrui et les ventes privées demandent une autre analyse.
Service Public précise que la commission supportée par le vendeur ne se soustrait pas du chiffre d’affaires à déclarer. Elle diminue pourtant l’argent qu’il reçoit. Le montant hors TVA de la vente et le montant transféré sur son compte peuvent donc différer sans que le relevé bancaire soit erroné.
Lire cinq montants dans un exemple fictif
Un revendeur achète un objet 30 €, puis le revend 80 €. La plateforme encaisse le prix pour lui et retient 8 € de commission vendeur. Ces montants sont inventés : ils ne décrivent les tarifs d’aucun opérateur.
- Hypothèses réunies pour cet exemple : vente pour son propre compte, prix définitivement encaissé pour la période considérée, aucune TVA facturée, commission de 8 € entièrement supportée par le vendeur ; aucun port, remboursement, portefeuille bloqué, autre retenue ou prélèvement de cotisations sociales avant versement (précompte).
| Montant | Calcul | Ce qu’il représente |
|---|---|---|
| Prix de vente : 80 € | Prix payé pour l’objet | Montant de cette vente à retenir pour le chiffre d’affaires dans les hypothèses indiquées. |
| Commission vendeur : 8 € | Frais retenus par la plateforme | Dépense du vendeur ; elle ne ramène pas son chiffre d’affaires à 72 €. |
| Virement net : 72 € | 80 € − 8 € | Somme versée après cette seule retenue. |
| Coût d’achat : 30 € | Prix payé pour acquérir l’objet | Dépense distincte du relevé de versement de la plateforme. |
| Montant restant : 42 € | 80 € − 8 € − 30 € | Reste avant les autres charges, cotisations et impôt sur le revenu. |
Le tableau rapproche les montants d’une opération ; il ne calcule pas votre revenu net final. Un relevé bancaire montrant 72 € ne suffit pas à reconstituer, à lui seul, la vente de 80 € et sa commission.
Séparer forfait fiscal et dépenses réellement payées
Pour l’impôt sur le revenu, hors option pour le versement libératoire, l’article 50-0 du Code général des impôts (CGI) prévoit un abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires pour déterminer le résultat imposable. Il représente les charges professionnelles : ce n’est pas une déduction calculée d’après vos factures. La DGFiP confirme que les achats et frais réels ne se retranchent pas individuellement en plus de ce forfait.
Avec le versement libératoire, l’impôt lié à l’activité suit un pourcentage du chiffre d’affaires, sans déduction des frais réels. De son côté, l’article L. 613-7 du Code de la sécurité sociale (CSS) rattache le calcul des cotisations micro-sociales au chiffre d’affaires ou aux recettes, sous ses conditions. Les 42 € de l’exemple ne constituent donc ni le chiffre d’affaires, ni le bénéfice imposable calculé par ces règles, ni une base de cotisations déduite de la seule marge.
Rapprocher les pièces sans confondre les dates
Conseil de préparation : pour comprendre un écart, rapprochez les documents de la même opération et conservez les montants séparément. L’objectif est de pouvoir expliquer le passage d’un chiffre à l’autre, sans remplacer les pièces par une estimation.
- Retrouver le prix de la vente
Repérez la référence de l’objet et son prix dans le justificatif de vente ou le relevé de transactions. Vérifiez que le document concerne bien la revente étudiée.
- Identifier chaque retenue
Rapprochez le justificatif de commission du relevé de versement. Si l’écart ne correspond pas aux frais identifiés, recherchez sa cause avant de traiter tout le virement comme un prix de vente.
- Garder l’achat à part
Reliez le justificatif d’achat à l’objet pour apprécier ce qui reste après cette dépense. Ce rapprochement sert à suivre l’opération ; il ne crée pas une déduction fiscale supplémentaire.
La fiche F23257 retient les recettes encaissées pour la période déclarée. Ce guide ne fixe pas l’encaissement au jour du virement bancaire : un paiement conditionnel ou un portefeuille bloqué exige un examen distinct. Par ailleurs, relever du micro ne suffit pas à établir une franchise de TVA ; l’absence de TVA facturée est une hypothèse de l’exemple, pas une propriété de toute micro-entreprise.
Si la plateforme prélève aussi des cotisations
Une commission rémunère le service de la plateforme ; un prélèvement de cotisations répond à un autre mécanisme. Lorsqu’un dispositif de précompte social s’applique, identifiez séparément ces sommes dans les informations communiquées. L’article L. 613-6-1 du CSS prévoit ce mécanisme pour les vendeurs et prestataires concernés, sous ses conditions.
Dans la phase volontaire organisée par le décret du 10 juin 2026, l’article 5 II dispense le travailleur d’une seconde déclaration à l’Urssaf pour les ventes déjà précomptées dans ce cadre. Cette réserve ne vise pas indistinctement toutes ses recettes et ne prouve pas qu’une plateforme particulière applique le dispositif. L’exemple ci-dessus exclut expressément ce prélèvement.