Compter tous les frais, dès le jour où ils sortent
Un frais oublié est une marge inventée. Notez, au moment où vous payez : la remise en état et les pièces, le contrôle technique, le transport ou le rapatriement, les indemnités kilométriques si vous prenez votre véhicule personnel, les péages et le carburant, la carte grise, le nettoyage et l’esthétique, l’annonce, la garantie éventuellement consentie. Photographiez le justificatif au moment où vous l’avez en main : « ce week-end » ne vient jamais.
- Frais noté le jour où il sort
- Justificatif photographié aussitôt
- Indemnités kilométriques comptées
- Frais rattachés AU véhicule, pas au mois
- Charges générales séparées des frais du véhicule
Le prix de revient, puis la marge réelle
Le prix de revient est le prix d’achat augmenté de tous les frais. La marge réelle est le prix de vente diminué de ce prix de revient. Sur notre exemple, 4 500 € d’achat et 770 € de frais donnent 5 270 € de revient ; vendu 7 200 €, le véhicule laisse 1 930 € de marge réelle, et non 2 700 €. C’est ce chiffre-là qui doit guider la décision d’acheter, jamais l’écart brut des deux prix.
- Revient = achat + tous les frais
- Marge réelle = vente − revient
- Chiffre calculé véhicule par véhicule
- Écart brut écarté de la décision
- Marge comparée avant l’achat, pas après
Retirer la taxe, qui ne se calcule pas sur la marge réelle
Au régime de la marge, la taxe due vaut un sixième de l’écart entre le prix de vente et le prix d’achat : 2 700 € donnent 450 €, quels que soient vos frais. Ce point surprend, et il est essentiel : plus vous dépensez en remise en état, plus l’écart entre votre marge fiscale et votre marge réelle se creuse. Après taxe, notre véhicule laisse 1 480 € nets. Mettez cette somme de côté le jour de la vente : c’est la ligne qui coule les débutants.
- Taxe assise sur vente moins achat
- Frais sans effet sur la taxe
- Marge nette = marge réelle moins taxe
- Provision mise de côté le jour même
- Régime vérifié sur la facture d’achat
Rapporter le gain au capital immobilisé, et au temps
Mille quatre cent quatre-vingts euros sur cinq mille deux cent soixante-dix engagés font vingt-huit pour cent. Le même gain sur quinze mille euros engagés n’en ferait que dix, et la même affaire cesserait d’être bonne. Ajoutez le temps : un véhicule vendu en trois semaines et un véhicule vendu en cinq mois ne mobilisent pas le même argent. La rotation du stock est aussi importante que la marge unitaire, et c’est elle qui distingue un négoce qui vit d’un négoce qui s’asphyxie.
- Marge nette rapportée au capital
- Durée de détention comptée
- Rotation suivie mois par mois
- Véhicule qui dort identifié tôt
- Décision d’achat éclairée par les deux
Tenir le compte sans tableur
Un tableur tenu à la main survit rarement au dixième véhicule : les frais s’oublient, les justificatifs se perdent, et le chiffre affiché cesse d’être vrai. Rattacher chaque frais à son véhicule au moment où il sort, avec sa pièce, est le seul moyen de garder une marge juste et un dossier présentable au comptable. Dans le Livre de Police, chaque frais se saisit sur la fiche du véhicule avec son justificatif, la marge réelle se recalcule aussitôt, et la taxe à provisionner s’affiche par vente et par mois.
- Frais rattaché au véhicule dès la dépense
- Justificatif conservé avec le frais
- Marge recalculée sans ressaisie
- Taxe à provisionner affichée
- Dossier complet pour le comptable