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Renseigner l’identité du vendeur et la provenance

Pour chaque vendeur particulier, l’article R.321-3 du code pénal exige huit mentions d’identité : nom, prénoms, qualité et domicile, puis nature, numéro, date de délivrance et autorité ayant établi la pièce d’identité produite. S’y ajoutent la nature, la provenance et la description de l’objet. Une mention inexacte est punie de 6 mois d’emprisonnement et 30 000 € d’amende (article 321-8 du code pénal).

Mis à jour le 23/08/2026 Lecture : 17 min Textes officiels cités
Un professionnel enregistre un objet dans son livre de police numérique

La règle, et son texte

L’article R.321-3 du code pénal fixe mot pour mot le contenu de la fiche vendeur. Pour une personne physique : nom, prénoms, qualité et domicile, ainsi que la nature, le numéro, la date de délivrance et l’autorité ayant établi la pièce d’identité produite. Pour une personne morale : dénomination, siège et identité de son représentant, avec les références de sa pièce. Le même article exige la nature, la provenance et une description comprenant les caractéristiques de l’objet et ses identifiants particuliers : noms, signatures, monogrammes, lettres, chiffres, numéros de série, emblèmes et signes. Le mot choisi par le texte est « domicile » : l’adresse réelle où vit la personne, pas une adresse de correspondance retenue pour l’occasion. Porter une mention inexacte sur le registre, ou refuser de le présenter, est puni par l’article 321-8 du code pénal de six mois d’emprisonnement et 30 000 € d’amende — les mêmes peines que l’absence de tenue jour par jour sanctionnée par l’article 321-7.

  • Personne physique : nom, prénoms, qualité et domicile, puis nature, numéro, date de délivrance et autorité ayant établi la pièce produite (article R.321-3).
  • Personne morale : dénomination et siège, puis identité, qualité, domicile et références de pièce de son représentant.
  • Objet : nature, provenance et description avec ses caractéristiques et signes — noms, signatures, monogrammes, lettres, chiffres, numéros de série, emblèmes.
  • Le texte exige les références de la pièce, pas une photocopie générale : une copie relève d’un fondement distinct (RGPD, éventuelle règle sectorielle).
  • Une mention inexacte est punie de six mois d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende (article 321-8).

Ce que cela veut dire concrètement

Au comptoir, la ligne se construit en trois blocs. Bloc 1, la personne : ce qui est écrit sur sa pièce (nom, prénoms), sa qualité (particulier ; ou représentant d’une société, avec sa fonction) et son domicile — l’adresse où elle vit, pas une adresse de passage. Bloc 2, la pièce : quatre références — sa nature (le type de pièce présentée), son numéro, sa date de délivrance et l’autorité qui l’a délivrée — recopiées en la lisant, jamais reconstituées après coup. Bloc 3, l’objet : sa nature (une montre), sa provenance telle que déclarée (achat ancien, succession, cadeau), et sa description par ce que vous observez — marque, signature, monogramme, numéro de série, poinçon, dimensions. Le RGPD n’interdit rien de tout cela : ces données reposent sur l’obligation légale (article 6, paragraphe 1, c). Il impose en revanche de ne pas collecter au-delà — la date de naissance, un téléphone ou une copie de la pièce ne deviennent pas obligatoires parce qu’un champ existe — et d’informer la personne au moment du recueil, en quelques lignes claires.

Les références d’une pièce d’identité relevées séparément de l’identité du vendeur
L’article R.321-3 demande DEUX séries d’informations : qui est la personne, et quelle pièce elle a produite. Elles ne se confondent jamais.
  1. Demander et lire la pièce

    Recopiez ses quatre références — nature, numéro, date de délivrance, autorité — en la lisant. Vous ne photocopiez pas par réflexe : R.321-3 demande les références, pas une copie.

  2. Noter la personne

    Nom, prénoms, qualité et domicile déclaré. Pour une société : dénomination, siège, puis nom, prénoms, qualité et domicile de son représentant, avec les références de la pièce qu’il produit.

  3. Renseigner la provenance

    Telle que déclarée, datée : « succession familiale, déclaré par le vendeur » plutôt qu’un vague « particulier ». Identité et provenance sont deux mentions distinctes.

  4. Décrire l’objet et informer

    Décrivez par ce qui est observé (signes, numéros, dimensions) ; remettez ou affichez la notice courte d’information sur l’usage des données (voir le modèle ci-dessous).

Personne physique ou personne morale : les mentions de l’article R.321-3

Le texte distingue le vendeur, l’apporteur à l’échange ou le déposant, et la personne physique qui réalise effectivement l’opération. Dans le cas habituel, il s’agit de la même personne.

MentionVendeur particulierSociété ou autre personne morale
IdentitéNom, prénoms, qualité, domicileDénomination et siège
Représentant—Nom, prénoms, qualité et domicile de la personne qui agit pour elle
Pièce produiteNature, numéro, date de délivrance, autoritéLes mêmes références, pour la pièce produite par le représentant
ObjetNature, provenance, description avec caractéristiques et signesIdentique
Copie de la pièceNon exigée par R.321-3Non exigée par R.321-3

Application concrète dans votre registre

Au comptoir, trois gestes structurent la saisie. Un : demander la pièce et recopier ses références — nature, numéro, date de délivrance, autorité — sans les reconstituer de mémoire. Deux : noter le domicile complet tel que déclaré. Trois : renseigner la provenance avec une description reprenant les identifiants visibles de l’objet. Côté RGPD, la base légale et les droits doivent être appréciés pour la finalité concernée ; l’obligation légale peut justifier les données exigées par le registre, sans couvrir d’autres usages. Les durées diffèrent selon le support et la donnée. Livre de Police guide les champs liés à R.321-3 et prévoit des règles de conservation ; leur paramétrage et leur exécution doivent être vérifiés, sans promettre un effacement automatique universel.

  • Lire la pièce et recopier ses quatre références, sans copie par réflexe
  • Noter le domicile réel, pas une adresse de correspondance
  • Séparer l’identité du vendeur et la provenance de l’objet
  • Informer la personne au moment du recueil, en quelques lignes

Cas pratique

Une situation concrète, résolue avec les textes.

La situation

Un salarié d’une société de nettoyage apporte du mobilier de bureau que son employeur souhaite vendre. Que noter ?

Ce qu’il faut faire

La dénomination et le siège de la société, puis les nom, prénoms, qualité et domicile du salarié qui agit pour elle, avec la nature, le numéro, la date de délivrance et l’autorité de la pièce qu’il produit. La qualité du représentant doit être documentée : notez à quel titre il agit. Suivent la nature, la provenance et la description du mobilier, le numéro d’ordre, le prix et le mode de règlement.

Textes applicables : Article R.321-3 du code pénal.

Exemple complet, pas à pas : une société dépose trois tableaux, par mandataire

Le cas le plus souvent raté est celui de la personne morale représentée par un mandataire : trois identités possibles se bousculent. Déroulons-le entièrement. Le 5 mai, la SARL Atelier Verrier dépose trois tableaux en dépôt-vente dans une galerie de Tours ; la personne qui se présente n’est pas la gérante, mais un salarié muni d’un mandat.

  1. Qui est qui, avant de saisir

    Trois rôles à ne pas mélanger. Le déposant : la SARL Atelier Verrier, personne morale. Son représentant : la gérante, Mme Verdier. La personne physique qui réalise effectivement l’opération au comptoir : M. Bahri, salarié mandaté. L’article R.321-3 demande l’identité du déposant, celle de son représentant, et séparément les références de la pièce produite par la personne physique qui réalise l’opération.

  2. Ce qu’on saisit pour la personne morale

    Déposant : « Atelier Verrier SARL — siège : 8 rue de la Fonderie, 37000 Tours ». On saisit la dénomination et le siège tels qu’ils figurent sur les documents de la société, pas le nom de la boutique ni une adresse de livraison.

  3. Ce qu’on saisit pour le représentant

    Représentant : « VERDIER, Anne, Marie — gérante — 22 rue des Ursulines, 37000 Tours ». On note sa qualité (« gérante »), qui est l’un des éléments expressément visés par le texte, et son domicile — pas le siège social recopié une deuxième fois.

  4. Ce qu’on saisit pour la pièce produite

    Personne présente à l’opération : « BAHRI, Karim — salarié mandaté, mandat écrit du 04/05/2026 joint ». Pièce produite : « Carte nationale d’identité — n° 000000000000 (numéro fictif) — délivrée le 11/06/2019 — par la préfecture d’Indre-et-Loire ». C’est bien la pièce de M. Bahri, parce que c’est lui qui réalise l’opération. On ne recopie pas la pièce de la gérante, qui n’est pas là.

  5. La provenance, qui n’est pas l’identité

    Provenance : « Dépôt en vue de la vente par l’atelier producteur ; trois tableaux issus du fonds d’atelier de l’artiste Louise Verdier, déclarés invendus d’une exposition de 2024 à Blois. » La provenance répond à « d’où vient l’objet », l’identité répond à « qui me l’apporte ». Ce sont deux champs, deux questions.

  6. Les trois tableaux : trois écritures, pas une

    Chaque tableau a sa propre valeur et son propre sujet : on ne les groupe pas. Le regroupement en lot n’est ouvert par le dernier alinéa de R.321-3 que pour des objets dont la valeur unitaire ne dépasse pas le seuil fixé par arrêté — 60 € inclus selon l’article 1 de l’arrêté du 29 décembre 1988 — et qui ne présentent pas d’intérêt artistique ou historique. Des tableaux d’atelier ne cochent ni l’une ni l’autre condition.

  7. La transaction, en dépôt

    Il n’y a pas de prix d’achat : rien n’a été acheté. On saisit donc, comme le prévoit l’article R.321-5 pour le dépôt en vue de la vente, l’estimation de la valeur vénale : « 450,00 € », « 380,00 € » et « 620,00 € » pour les trois toiles. Le champ « mode de règlement » reste vide — et c’est correct.

  8. La description, tableau par tableau

    Pour le premier : « Huile sur toile, 61 × 50 cm (12F), paysage de bord de Loire, signée en bas à droite “L. Verdier”, datée 2023 au dos, châssis à clés, cadre bois doré rapporté, petit manque de matière de 4 mm en bordure gauche. » Chaque toile reçoit son numéro d’ordre — 002214, 002215, 002216 — porté sur une étiquette au dos du châssis (article R.321-4).

Textes appliqués : article R.321-3 (identité, provenance, description, et groupement en lot), article R.321-4 (numéro d’ordre apparent), article R.321-5 (valeur vénale en cas de dépôt), article 1 de l’arrêté du 29 décembre 1988 (seuil de 60 €). Exemple fictif.

Modèle : la notice courte d’information au comptoir

Lors d’une collecte directe, la CNIL demande d’informer la personne au moment du recueil : responsable, finalité, base légale, caractère obligatoire, durée, droits, contact et possibilité de saisir la CNIL. Voici une trame en quatre phrases, à adapter à votre établissement et à faire relire par votre conseil.

  • « Les informations d’identité et les références de votre pièce sont recueillies par [nom de l’établissement] pour tenir le registre des objets mobiliers imposé par l’article 321-7 du code pénal (obligation légale). »
  • « Elles sont obligatoires : sans elles, l’opération ne peut pas être inscrite au registre comme le texte l’exige. »
  • « Elles sont conservées [cinq ans après la clôture du registre papier / dix ans après leur enregistrement dans le registre informatisé] et peuvent être présentées aux autorités compétentes. »
  • « Vous pouvez accéder à ces informations et demander leur rectification ; leur effacement est limité tant que la loi impose leur conservation. Contact : [adresse]. Vous pouvez saisir la CNIL. »

Cette trame n’est pas un formulaire officiel : elle reprend les éléments d’information cités par la CNIL et les durées des articles R.321-6 et R.321-6-1. Elle n’autorise pas à collecter davantage que ce que le registre exige.

Erreurs fréquentes à éviter

Les pièges ci-dessous sont ceux qui reviennent le plus souvent sur ce sujet précis :

  • Noter « CNI » sans numéro, date de délivrance ni autorité : la pièce doit être identifiable, pas seulement citée.
  • Accepter une adresse de correspondance (« chez M. X », boîte postale) à la place du domicile demandé par R.321-3.
  • Écrire « provenance : particulier » : l’identité du vendeur et la provenance de l’objet sont deux mentions distinctes.
  • Pour une société, se contenter de la dénomination : R.321-3 exige aussi le siège, l’identité du représentant et les références de sa pièce.
  • Reconstituer les références de la pièce de mémoire après coup : une mention inexacte relève de l’article 321-8 (6 mois, 30 000 €).
  • Faire signer un consentement RGPD au vendeur : la base légale est l’obligation légale (article 6, paragraphe 1, c), pas le consentement.

Les erreurs qu’on voit le plus souvent — et comment les corriger

L’identité et la provenance sont les deux champs les plus souvent bâclés, et ceux qui font toute la valeur d’un registre. Six erreurs, six gestes.

Fusionner l’identité et la pièce d’identité

Ce qui se passe : on écrit « M. Dupont, CNI 1234 » dans un seul champ, et l’on perd la date de délivrance comme l’autorité émettrice. La correction : deux blocs distincts. D’un côté nom, prénoms, qualité, domicile ; de l’autre nature, numéro, date de délivrance et autorité de la pièce produite — c’est la lettre de l’article R.321-3.

Pour une société, ne noter que la dénomination

Ce qui se passe : « SARL Atelier Verrier » et rien d’autre : ni siège, ni représentant, ni pièce. La correction : dénomination et siège de la personne morale, puis identité, qualité, domicile et références de pièce de son représentant. Trois blocs, pas un.

Confondre le mandataire et le représentant légal

Ce qui se passe : on relève la pièce du gérant absent parce que « c’est lui le patron ». La correction : le texte vise les références de la pièce produite par la personne physique qui réalise l’opération. C’est celle qui est devant vous. Si elle agit pour autrui, notez son mandat en plus, ne remplacez rien.

Écrire « particulier » comme provenance

Ce qui se passe : le champ est rempli mais ne dit rien : « particulier » n’explique pas d’où vient l’objet. La correction : décrivez la circonstance et ce que le vendeur déclare — « succession familiale déclarée par le vendeur », « achat en salle des ventes X le 12/08/2026 », « déstockage d’un atelier ». Présentez la déclaration comme une déclaration.

Grouper des objets pour aller plus vite

Ce qui se passe : « lot de bijoux divers, 900 € » — et plus rien n’est identifiable. La correction : le groupement n’est ouvert que pour des objets dont la valeur unitaire ne dépasse pas 60 € inclus (article 1 de l’arrêté du 29 décembre 1988) et qui ne présentent pas d’intérêt artistique ou historique. Au-delà, une écriture par objet.

Ne pas relire l’orthographe du nom

Ce qui se passe : « Lemoine » écrit « Lemoyne », et la recherche ne retrouve plus rien six mois plus tard. La correction : recopiez le nom depuis la pièce, caractère par caractère, y compris les traits d’union et les prénoms composés. Une fiche vendeur réutilisable évite de ressaisir — et donc de refaire la faute.

La règle simple : ce qui est déclaré se présente comme déclaré, ce qui est vérifié se présente comme vérifié, et ce qui est inconnu reste vide. On ne remplit jamais un champ au jugé.

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FAQ

Questions fréquentes

Dois-je photocopier la pièce d’identité du vendeur ?

Non, le texte ne l’impose pas. L’article R.321-3 exige d’inscrire au registre la nature, le numéro, la date de délivrance et l’autorité ayant établi la pièce produite — quatre références, pas une copie. L’essentiel est la fidélité de la retranscription : une mention inexacte est punie par l’article 321-8 du code pénal de six mois d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.

Le vendeur refuse de donner son adresse : puis-je quand même acheter ?

Le domicile figure parmi les mentions que l’article R.321-3 impose d’inscrire pour chaque personne physique. Sans lui, vous ne pouvez pas remplir la ligne comme le texte l’exige. La pratique la plus sûre est de ne pas conclure l’opération tant que l’identité complète — nom, prénoms, qualité, domicile et pièce d’identité — n’est pas fournie.

Que mettre en provenance quand le vendeur dit juste « ça vient de ma grand-mère » ?

Enregistrez ce qui est déclaré, tel quel et daté : « succession familiale, déclaré par le vendeur », plutôt qu’un vague « particulier ». L’article R.321-3 exige la provenance en plus de l’identité : ce sont deux informations distinctes. Complétez par la description et les identifiants particuliers de l’objet (signatures, monogrammes, numéros de série…), que le même article énumère.

Combien de temps garder ces données, et puis-je les effacer si le vendeur le demande ?

5 ans après la clôture pour un registre papier (R.321-6 du code pénal), 10 ans après l’enregistrement pour un traitement automatisé (R.321-6-1). Avant ce terme, la demande d’effacement ne peut pas aboutir : l’article 17, paragraphe 3, b) du RGPD écarte ce droit tant que la conservation reste nécessaire au respect d’une obligation légale.

Dois-je noter la date de naissance ou le téléphone du vendeur ?

Ils ne sont pas obligatoires au titre du registre : l’article R.321-3 ne les mentionne pas, et la CNIL rappelle qu’une donnée ne devient pas nécessaire parce qu’un champ existe. Limitez la collecte aux mentions exigées ; une donnée facultative demande sa propre justification, sa propre information et sa propre durée.

Que dire au vendeur sur l’usage de ses données ?

L’essentiel, au moment du recueil : qui est responsable, pourquoi (le registre imposé par l’article 321-7), sur quelle base (l’obligation légale), ce qui est obligatoire, combien de temps (cinq ans après clôture sur papier, dix ans après enregistrement en numérique), quels droits, qui contacter et la possibilité de saisir la CNIL. Une notice courte au comptoir suffit souvent ; une politique générale difficile à trouver ne remplace pas cette information au bon moment.

Je reprends un véhicule à un particulier : que relever avant de prendre les clés ?

Les mêmes mentions que pour tout autre objet, parce que le texte ne prévoit pas de cas particulier : nom, prénoms, qualité et domicile du vendeur, puis la nature, le numéro, la date de délivrance et l’autorité de la pièce qu’il présente. Côté objet, l’article R.321-3 demande la nature, la provenance et une description comprenant les signes qui identifient le bien — il cite expressément les numéros de série : pour un véhicule, c’est le VIN, recopié depuis la carte grise et non retapé de mémoire. Relevez également l’immatriculation et le kilométrage au compteur le jour de l’entrée : ce sont eux qui départageront une contestation plus tard.

Puis-je photocopier ou photographier la pièce d’identité du vendeur ?

Ce que le code pénal exige, ce sont les références de la pièce produite : sa nature, son numéro, sa date de délivrance et l’autorité qui l’a délivrée (article R.321-3). Il n’impose pas d’en conserver une copie. Conserver une image d’une pièce d’identité est un traitement de données personnelles qui doit répondre au principe de minimisation rappelé par la CNIL : ne collecter que ce qui est nécessaire à la finalité. Si vous choisissez d’en garder une, documentez pourquoi, limitez l’accès et fixez une durée.

Le vendeur refuse de présenter une pièce d’identité : que faire ?

Vous ne pouvez pas porter au registre des références que vous n’avez pas relevées, et vous ne pouvez pas les inventer — l’article 321-8 punit les mentions inexactes. Concrètement, l’opération ne peut pas être inscrite conformément à l’article R.321-3, ce qui revient à ne pas pouvoir l’enregistrer régulièrement. Le refus de justifier de son identité est en lui-même un signal à prendre au sérieux ; la décision de renoncer à l’achat vous appartient, et c’est en général la plus prudente.

Faut-il noter la nationalité ou la date de naissance du vendeur ?

L’article R.321-3 énumère l’identité — nom, prénoms, qualité, domicile — et les références de la pièce produite. Il ne cite ni la nationalité, ni la date de naissance, ni le numéro de téléphone, ni l’adresse électronique. Collecter davantage que ce que la finalité impose va à l’encontre du principe de minimisation rappelé par la CNIL. Si un champ facultatif vous est utile pour votre gestion commerciale, distinguez-le clairement des mentions du registre.

Ce guide remplace-t-il un conseil juridique ?

Non. Il donne une information opérationnelle et renvoie vers les sources officielles ; un cas particulier doit être vérifié avec un conseil compétent.

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