Ressource professionnelle · Mis à jour le 17/08/2026

Registre papier ou livre de police numérique : comparaison

Les deux sont légaux. Le code pénal prévoit le registre papier (article R.321-6 : coté et paraphé par le commissaire de police ou le maire, sans blanc ni rature, conservé 5 ans après clôture) et le registre informatisé (article R.321-6-1 : données conservées 10 ans, intégrité garantie). Le vrai critère de choix n'est pas la légalité, mais votre volume d'écritures et votre risque d'erreur.

La règle, et son texte

Les deux supports sont prévus par le code pénal. L'article R.321-6 encadre le registre papier : coté et paraphé par le commissaire de police ou, à défaut, par le maire de la commune où se trouve l'établissement ouvert au public — un registre par établissement —, mentions portées à l'encre indélébile, sans blanc, rature ni abréviation, conservation cinq ans à compter de la clôture. L'article R.321-6-1 encadre le registre tenu sous forme de traitement automatisé : données conservées dix ans à compter de leur enregistrement, avec une exigence d'intégrité et d'intangibilité. L'arrêté du 15 mai 2020 (NOR : MICB1932177A) fixe les modèles des deux registres et impose au traitement automatisé un journal des consultations conservé un an (article 3). L'article 1366 du code civil donne à l'écrit électronique la même force probante que le papier, sous réserve d'identifier dûment son auteur et d'en garantir l'intégrité. Dans les deux cas, l'article 321-7 du code pénal punit de six mois d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende l'omission, même par négligence, de tenir le registre jour par jour.

  • Le papier est familier mais lent à rechercher
  • Le numérique facilite les exports et le contrôle
  • Le numérique ajoute une preuve que le papier ne donne pas : chaînage et horodatage

Application concrète dans votre registre

Comparez point par point. Coût : le cahier est bon marché à l'achat, mais il faut le faire coter et parapher avant usage, en tenir un par établissement, et chaque recherche se fait page par page ; le numérique se paie par abonnement, mais retrouver un vendeur, un objet ou un numéro d'ordre est immédiat. Corrections : sur papier, R.321-6 interdit blancs, ratures et abréviations — une erreur se rattrape mal ; en numérique, l'écriture initiale reste en place et la rectification, datée, s'ajoute sans rien écraser. Preuve : le papier vaut par son paraphe ; le numérique doit démontrer l'intégrité et l'intangibilité de ses données (R.321-6-1) et conserver un an le journal des consultations. Le critère décisif est le volume et le risque : quelques écritures par mois, un seul établissement et une main soigneuse s'accommodent du papier ; des dizaines d'achats, plusieurs utilisateurs ou un contrôle où il faut retrouver une pièce en quelques secondes plaident pour le numérique. Livre de Police applique ce régime : conservation dix ans, rectifications tracées, journal des consultations tenu.

  • Saisir au fil de l’eau, jamais en fin de mois
  • Contrôler l’identité sur pièce avant validation
  • Tracer chaque correction, ne jamais effacer
  • Pouvoir présenter un extrait daté immédiatement

Erreurs fréquentes à éviter

Les pièges ci-dessous sont ceux qui reviennent le plus souvent sur ce sujet précis :

  • Utiliser un registre papier jamais coté ni paraphé par le commissaire de police ou, à défaut, le maire
  • Raturer, abréger ou laisser des blancs dans le registre papier, ce que l'article R.321-6 interdit
  • Corriger une écriture numérique en écrasant l'ancienne valeur au lieu d'ajouter une rectification datée
  • Appliquer la durée papier (5 ans après clôture) à un registre numérique, conservé 10 ans après enregistrement
  • Tenir un seul registre papier pour plusieurs établissements, alors que R.321-6 en exige un par établissement
  • Garder le papier malgré un volume d'achats qui fait prendre du retard sur la tenue jour par jour

Questions fréquentes

Le livre de police numérique est-il aussi légal que le papier ?

Oui. Le code pénal prévoit expressément les deux : l'article R.321-6 pour le registre papier et l'article R.321-6-1 pour le registre tenu sous forme de traitement automatisé, dont le modèle est fixé par l'arrêté du 15 mai 2020. L'article 1366 du code civil confirme que l'écrit électronique a la même force probante que le papier, si son auteur est dûment identifié et si son intégrité est garantie.

Qui doit coter et parapher le registre papier ?

Le commissaire de police ou, à défaut, le maire de la commune où se trouve l'établissement ouvert au public (article R.321-6 du code pénal), à raison d'un registre par établissement. Le registre numérique, lui, n'est pas paraphé : il doit à la place garantir l'intégrité et l'intangibilité des données enregistrées (article R.321-6-1).

Combien de temps faut-il conserver chaque type de registre ?

Cinq ans à compter de sa clôture pour le registre papier (article R.321-6 du code pénal) ; dix ans à compter de l'enregistrement des données pour le registre informatisé (article R.321-6-1). Le traitement automatisé doit en plus conserver pendant un an le journal de ses consultations (article 3 de l'arrêté du 15 mai 2020).

Que risque-t-on avec un registre papier raturé ou mal tenu ?

L'article R.321-6 exige des mentions à l'encre indélébile, sans blanc, rature ni abréviation. L'article 321-8 du code pénal punit de six mois d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende le fait de porter des mentions inexactes sur le registre ou de refuser de le présenter ; l'article 321-7 punit des mêmes peines l'omission, même par négligence, de le tenir jour par jour.

Ce guide remplace-t-il un conseil juridique ?

Non. Il donne une information opérationnelle et renvoie vers les sources officielles ; un cas particulier doit être vérifié avec un conseil compétent.

Confiance et sources

LivreDePolice.com est édité par ENYWERE SAS et développé par Untelcom. Page mise à jour le 17/08/2026. Chaque règle citée ici renvoie à son texte officiel — article du code pénal, arrêté, code monétaire et financier — et la page Sources officielles pointe directement vers Légifrance.